Quelles sont les expos incontournables du moment ?
Mise à jour le 12/11/2025
Aux quatre coins de la capitale, les passionnés de clichés peuvent se régaler autour d’expositions aussi esthétiques qu’impactantes. Pour vous aiguiller, voici les rétrospectives à ne manquer sous aucun prétexte cet automne.
« Wish This Was Real », de Tyler Mitchell, à la MEP
Entre utopie et volonté de réappropriation, Tyler Mitchell imagine des mondes alternatifs aux récits historiques, et esquisse des espaces dans lesquels les communautés noires peuvent exister pleinement et librement. Portraits intimes, scènes de vie lumineuses et natures mortes : le photographe s’inspire de la peinture classique, de la photo de mode et du portrait studio pour mettre la lumière sur des identités souvent invisibilisées ou mal représentées.
« L’œil de Roger Corbeau : photographies de cinéma », à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
Brigitte Bardot, Simone Signoret, Arletty, Louis de Funès ou encore Jean Gabin : tous sont passés devant l’objectif de Roger Corbeau, l’un des photographes de cinéma incontournables des années 1930 à 1980. Fasciné par le monde du 7e art, il collectionne dès l’adolescence de nombreux livres, photographies et revues. Une passion qui le mènera sur les tournages de plus de 150 films, collaborant avec les plus illustres réalisateurs, de Marcel Pagnol à Jean Cocteau, en passant par Claude Chabrol. Connu pour son esthétique marquée par les contrastes assumés, il est à l’honneur à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (13e) qui permet au grand public de redécouvrir ses cinquante ans de carrière.
« Denise Bellon. Un regard vagabond », au Musée d’art et d’histoire du judaïsme
Elle n’est pas connue du grand public, et pourtant, Denise Bellon figure parmi les pionnières du photojournalisme. L’œil vagabond, elle a documenté le siècle dernier avec intuition et liberté, baladant son appareil photo là où la curiosité la guidait. Des ruelles de Lyon sous l’Occupation aux balbutiements du mouvement surréaliste, l’expo présentée au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (Paris Centre) célèbre le regard d’une femme indépendante qui, au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses engagements, a su saisir un monde en plein bouleversement.
« Polaraki : Mille polaroids d’Araki Nobuyoshi », au musée Guimet
Chez Araki Nobuyoshi, le polaroid se mue en fragment du quotidien : un journal intime photographique qui, depuis vingt-cinq ans, donne vie à ses pulsions érotiques et morbides. Jusqu’au 12 janvier, le musée Guimet (16e) présente – grâce au don du collectionneur Stéphane André – une installation spectaculaire pensée comme un cabinet de curiosités, rassemblant 1 000 polaroids réalisés entre 1997 et 2024. Dans cette mosaïque d’images, les regards obsessionnels de l’artiste japonais et du collectionneur, ainsi que leur goût pour l’accumulation, se croisent. Une plongée captivante dans leur univers où fascination et réappropriation, intime et universel, poésie et provocation se répondent. Attention, l’expo est réservée à un public majeur.
C'est déjà fini !
« Dialect », de Felipe Romero Beltrán, à la MEP
Entre 2020 et 2023, Felipe Romero Beltrán a documenté la vie de neuf jeunes hommes marocains hébergés dans un centre pour migrants à Séville. Pendant trois ans – ce qui correspond à la durée moyenne d’attente pour régulariser une situation administrative –, le photographe a tissé avec eux une relation de confiance, lui permettant de capturer avec justesse leur quotidien. Alternant images prises sur le vif et mises en scène conçues avec les protagonistes, qui rejouent notamment les souvenirs de leur traversée, le travail de Beltrán met en exergue la violence du système judiciaire et de la migration forcée, mais aussi l’expérience du temps, de l’attente et de la quête d’appartenance.
« Le bruit du monde », de Luc Delahaye, au Jeu de paume
Si vous êtes passionné par la géopolitique, filez au Jeu de paume (Paris Centre) qui consacre une rétrospective au travail de Luc Delahaye. Grand photoreporter de guerre dans les années 1990 et ancien membre de l’agence Magnum, il explore depuis vingt-cinq ans la frontière entre documentaire et photographie artistique. Souvent en couleurs et monumentales, ses images témoignent des désordres du monde contemporain, de la guerre d’Irak aux différentes COP. L’expo réunit 40 œuvres, dont plusieurs inédites, ainsi qu’une vidéo sur le conflit syrien et une grande installation. Un parcours qui montre combien ses photographies font résonner le bruit du monde depuis des décennies.
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