On a testé la salle sensorielle du stade Jean-Bouin

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Mise à jour le 07/04/2026

Photo de l'intérieur de la salle sensorielle du stade Jean-Bouin (16e).
Pour chacun de ses matchs à domicile, le Paris FC accueille des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme dans un espace spécialement pensé pour eux. Une autre façon de vivre une rencontre de football.
Après avoir pénétré dans l’enceinte du stade Jean-Bouin (16e), il faut prendre un ascenseur, puis traverser un long couloir avant d’arriver dans une pièce d’une vingtaine de mètres carrés. Avec sa lumière tamisée, ses canapés confortables et ses couleurs chatoyantes, c’est une oasis de tranquillité dans le tumulte propre aux jours de match. Bienvenue dans la Sensory Room, une salle sensorielle au cœur de l’antre du Paris FC, qui affronte l’OGC Nice à l’occasion de la 24e journée de Ligue 1.
À retenir
> Le stade Jean-Bouin est doté d’une salle sensorielle destinée aux personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA).
> La pièce a été pensée pour rendre l’expérience du match moins stressante et plus sécurisante.
> Le club travaille au quotidien avec quatre associations : Maia Autisme, Café Joyeux, Autistes sans frontières et Naked Heart.

Un accompagnement sur mesure

Situé à l’ouest du stade, cet espace adapté occupe une ancienne loge et donne directement sur une tribune, dont une partie des sièges est réservée aux bénéficiaires. À l’intérieur, on y trouve des canapés et des poufs, mais également des balles antistress et des casques antibruit. Tout est fait pour mettre les enfants à l’aise. « L’objectif, c’est de leur offrir une bulle de calme, une sorte de sas de décompression », explique le chargé de mission RSE (responsabilité sociétale des entreprises) du Paris FC.
Mais ce n’est pas tout. L’accueil du Paris FC débute en réalité avant même que les familles ne passent la porte de la Sensory Room. Lors de l’envoi des billets, le club joint une vidéo de présentation du dispositif. Le but ? Permettre aux parents de préparer les enfants en amont, afin de rendre l’expérience la moins stressante possible : « Tout est détaillé. Le trajet du métro au stade, l’entrée qui sera empruntée, le déroulement de la fouille dans le hall et le chemin précis menant à la pièce. »

Un dispositif qui porte ses fruits…

Les familles sont accueillies par Laïs, représentante de l’association Maia Autisme, l’une des quatre structures avec qui le Paris FC travaille en étroite collaboration. Les enfants débutent par un petit encas avant de prendre possession des lieux. « Cette salle a été pensée comme un espace de transition, précise Laïs. Elle est divisée en trois zones : une dans la tribune ; une autre en face de la porte vitrée insonorisée ; et une dernière, au fond, où le bénéficiaire est vraiment coupé de l’agitation du match. » En clair, les enfants ne sont pas confinés, mais peuvent naviguer à leur guise entre l’intérieur et l’extérieur.
Le match commence. Plusieurs enfants prennent place à l’extérieur. C’est le cas de Colin, qui ne semble pas impacté par l’ambiance du jour. Après quelques minutes, l’OGC Nice obtient un pénalty… finalement déjugé par l’arbitrage vidéo. Les gradins grondent ! Un autre garçon, Julien, venu au stade avec son père grâce à l’association Autistes sans frontières, demande à rentrer. Immédiatement, Laïs lui propose d’essayer un casque antibruit. Face à sa réticence, elle n’hésite pas à en enfiler un pour le rassurer. Mission réussie : quelques minutes plus tard, il est de retour dans la tribune. « Mon travail, c’est aussi d’apprendre à connaître les enfants et à anticiper leurs besoins », souffle-t-elle.

… et des bénéficiaires conquis

Le match est fini depuis dix minutes. Le Paris FC s’est imposé, mais l’important est ailleurs. « Pour les parents, la Sensory Room est un soulagement. Aujourd’hui, quand vous avez un proche atteint de troubles du spectre de l’autisme (TSA), les opportunités pour profiter de la vie culturelle et sportive sont rares », détaille le responsable RSE du Paris FC.
En France, on estime qu’environ 1 % de la population (soit 700 000 personnes) présente des troubles du spectre de l’autisme. Un chiffre énorme qui souligne le manque d’infrastructures et l’importance d’un dispositif comme cette salle sensorielle. D’ailleurs, cette dernière se vide doucement. Des sourires éclairent les visages des familles, symbole d’une après-midi réussie…
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