10 pièces de théâtre qui font vibrer la rentrée
Mise à jour le 02/09/2026
Stand-up flamboyant, thriller angoissant, comédie hilarante ou seule-en-scène captivant : ces pièces de théâtre percutantes se jouent tout le mois de septembre sur les planches parisiennes.
« Je vous salue Marie », à la Maison des Métallos
De son enfance catholique à Abidjan (Côte d'Ivoire) aux scènes de Drag Race France en passant par son arrivée à Paris, Mami Watta se raconte sans filtre et avec un humour désarmant à la Maison des Métallos (11e). En détournant le « Je vous salue Marie », elle s’émancipe des injonctions familiales, du poids de la religion et d’une société qui lui a toujours exempté de ne pas prendre trop de place. Un stand-up aussi irrévérencieux qu’hilarant !
Vous allez aimer… ce blasphème joyeux qui met le piquant de la culture ballroom à l’honneur, comme une confession impertinente où l’intime se mêle, avec mordant, au politique.
« La Trilogie de la guerre », au Théâtre Paris-Villette
À quoi ressemble un cœur meurtri par la guerre, la destruction et la mort ? Dans une trilogie théâtrale et musicale, Elina Kulikova et Dima Efremov explorent ces questions en dénonçant l’invasion russe en Ukraine. Au milieu des ruines, ils racontent les multiples facettes de la guerre, celles qui marquent au fer rouge les vies et les corps.
Vous allez aimer… ce manifeste cathartique truffé de références à la culture russe, qu'elles soient classiques, folkloriques ou festives.
« Tanto Poco », au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt
Il n’y a pas que les vies exceptionnelles et les quotidiens grandiloquents qui méritent d’être écoutés. « Tanto Poco », roman de Marco Lodoli, magnifiquement incarné par Cécile Garcia Fogel met la lumière sur ceux qu’on ne voit pas. Raconté à la première personne, ce texte dit toute la fragilité et la force d’une vie emmurée dans le temps : celle d’une concierge d’un lycée qui aime en silence depuis quarante ans un professeur de lettres.
Vous allez aimer… ce seule-en-scène d’une incroyable pureté. Délesté de tout superflu, on part à la rencontre d’une femme qui chérit les souvenirs, que le temps ne distord jamais. Et c’est tout simplement sublime !
« Antigone », au Théâtre des Mathurins
Après avoir brisé le tabou autour des violences sexuelles faites aux enfants dans Les Chatouilles, Andréa Bescond s’empare du texte de Jean Anouilh, Antigone, pour dénoncer le système patriarcal qui broie les femmes. Dans ce seul-en-scène remarquable, elle confie à Déborah Moreau le rôle de tous les personnages. Une performance époustouflante qui porte avec humour, colère, poésie et puissance toute la révolte féminine face à la domination et à la violence des hommes.
Vous allez aimer… (re)découvrir ce texte magnifique sous un jour nouveau. Une lecture féministe sublimée par la musique et la danse, qui tiennent ici une place de choix.
« Orso et moi » à la Colline
À la Colline (20e), la pièce « Orso et moi » détricote le cliché de la maternité idyllique. Car derrière ce moment que la société a magnifié, il y a aussi tout un tas de récits douloureux. Et c’est à ceux-ci précisément que Géraldine Martineau adresse ses mots. Elle raconte l’histoire d’une mère dont la vie bascule après la naissance de son fils, lorsqu’Orso frôle la mort, qu’elle perd connaissance et que le drame finit par faire éclater son couple.
Vous allez aimer… parcourir les cinq premières années de cette famille, entre souffrances, culpabilité et amour inconditionnel. Une aventure sensible muée en grande épopée où l’imaginaire d’une mère devient son radeau de survie.
« Mondes Possibles », au Théâtre de Belleville
Retranchées dans une église désaffectée, deux femmes préparent un attentat-suicide « éco-terroriste ». Écrite par Rachel Collignon, cette comédie cathartique narre le projet fou de ce duo que rien ne semble réunir, si ce n’est le désespoir écologique et des destins brisés par l’addiction aux opioïdes pour l’une, et la dépression pour l'autre. Pour que leur plan fonctionne, une seule va devoir changer d’avis et dire qu’elle ne veut pas mourir. Mais qui ?
Vous allez aimer… cette fable cynique qui met en scène la peur du vide, les doutes et l’angoisse face à un monde à la dérive. Un bouillon d’émotions qui explose dans une théâtralité burlesque !
« Cuisine et dépendances », au Théo Théâtre
On ne se lasse pas de voir sur scène cette comédie exquise écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Dans ce huis clos qui se déroule entre les quatre murs de la cuisine de Jacques et Martine, le dîner organisé en l’honneur de leur ancien ami à qui tout réussit, tourne au vinaigre. Au milieu du défilé des plats, les invités vont et viennent, avec leurs lots de confidences et de règlements de compte.
Vous allez aimer… (re)découvrir ce texte qui n’a décidément pas pris une ride. Car les rapports d'amitié, parfois englués dans le mensonge, les rancœurs et la jalousie, sont finalement immuables et toujours aussi savoureux à déshabiller.
« Allô Stella », au Théâtre de l’Opprimé
Stella anime une émission de radio journalière diffusée sur les ondes de minuit à trois heures du matin. Mais ce soir-là, une succession d’appels d’auditeurs, semblant tous avoir un lien les uns avec les autres, la pousse à mener son enquête. En imaginant les vies de celles et ceux qui se cachent derrière ces voix anonymes, elle plonge dans un drame familial asphyxié par le silence.
Vous allez aimer… ce thriller théâtral où les pièces du puzzle se dévoilent avec subtilité. Une toile tissée par la fabrique de l’emprise et des violences intrafamiliales, où se logent les secrets.
« Ils divorcèrent pour le meilleur, mais surtout pour le pire », au Théâtre de la Boussole
Ils s’aiment depuis plus de dix ans. Un amour sans encombre que vient troubler le décès de la mère de Sophie, mais surtout l’héritage alléchant, agité sous leur nez. Car pour empocher le pactole, une seule condition est exigée sur le testament : divorcer. Mauvaise foi, infidélités, disputes à répétition et chorégraphies bancales : tous les moyens sont bons pour rendre la supercherie crédible.
Vous allez aimer… cette comédie absurde qui s’amuse des fourberies du couple dans un rythme effréné. Un concentré survitaminé de situations loufoques, à déguster en couple ou en famille.
« Histoires de crevettes », au Théâtre du Rond-Point
Des crevettes sur un plateau… ou plutôt sur la scène du Théâtre du Rond-Point (8e). Imaginée par la compagnie néerlandaise Hotel Modern, cette création déjantée grime l’humanité en petites crevettes qui rejouent certaines scènes de nos quotidiens, des plus insignifiantes aux plus significatives. Un ballet de trois cents crustacés aux funérailles, en salle d’accouchement, en discothèque, filmé en direct, façon réplique miniature.
Vous allez aimer… cet ovni qui mélange cinéma, performance live, musique et objets de théâtre. Ou comment observer le caractère tragi-comique de nos existences avec de nouvelles lunettes (un peu folles, mais terriblement justes).
Settings Text Html