À chacun sa tour… de la Bastille

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Mise à jour le 27/03/2026

Colonne de Juillet de la place de la Bastille
Si elle trône sur la place de la Bastille, la Colonne de Juillet n’en reste pas moins mystérieuse. Et quelque chose nous dit que ces 4 infos insolites risquent de vous surprendre…

Une date > 3 décembre 1983

Saviez-vous que la naissance de SOS Racisme a pris racine aux pieds de la Colonne de Juillet (Paris Centre) ? Retour en 1983, année marquée par de nombreux meurtres à caractère raciste. Le 15 octobre, la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, surnommée « marches des beurs » par une partie de la presse, part de Marseille dans une relative indifférence. La quinzaine de « marcheurs permanents » est bientôt rejointe par d’autres, atteignant les plus de 100 000 participants lors son arrivée le 3 décembre, sur la place de la Bastille.
« À l’issue de la manifestation, une délégation est reçue par François Mitterrand qui promet notamment la délivrance de titres de séjours de dix ans et une loi contre les crimes racistes, détaille Aymeric Péniguet de Stoutz, administrateur de la Colonne de Juillet. Cet événement est à l’origine de la création de SOS Racisme ».

Une personnalité > Johnny Hallyday et Sylvie Vartan

Jusqu’en 1985, le sommet de la tour de la Bastille était accessible au public. La nuit, de nombreux curieux s’y retrouvaient, gravant au passage ses entrailles. Parmi les inscriptions visibles sur les murs, on peut observer celle probablement laissée par Johnny Hallyday et Sylvie Vartan.
« Le graffiti correspond bien à leur signature de l'époque, même si le “h” de Johnny n’est pas positionné au bon endroit », constate notre expert. S’agit-il donc d’un apocryphe ? « Pas nécessairement car il est courant que les épigraphies contiennent des inversions de lettres, l’écriture étant moins intuitive qu’à la plume ». Une chose est sûre, le tag est accompagné d’une date : le 4 juillet 1967, jour où le couple se trouvait bel et bien à Paris. Le mystère reste entier…

Un chiffre > 700

C’est le nombre de morts enterrés dans le monument. Car oui, il s’agit bien d’une nécropole. Au départ, son caveau abrite les 504 insurgés tombés lors de la révolution de 1830, qui a acté la chute du régime monarchique de Charles X et la prise de pouvoir par Louis Philippe d'Orléans.
Inhumées dans divers endroits de Paris, les dépouilles y sont transférées en 1840, lors de l’inauguration de la colonne. Un grand cérémonial est organisé sur les Grands Boulevards, sur la musique de Berlioz qui compose spécialement sa symphonie funèbre et triomphale. Après la révolution de 1848, qui fait tomber le règne de Louis Philippe, le nouveau pouvoir en place exige le transfert des 196 morts pendant ce soulèvement.

Une émotion > l’ambivalence

« Le monument est conçu comme un symbole, non pas de la Révolution, mais de la clôture du temps des révolutions », rappelle Aymeric Péniguet de Stoutz. Lors de son édification, Louis Philippe décide d'ailleurs de faire disparaître tout ce qui glorifie l’insurrection populaire, au profit d’autres motifs ornementaux, comme la Croix de Juillet. « Une décoration qu’il remet aux survivants qui se sont engagés dans la révolution de 1830, à condition qu’ils lui jurent fidélité ».
Il faudra attendre sa chute pour que le monument prenne le sens qu’on lui connaît aujourd'hui, comme le commente à l’époque Adolphe Crémieux, ministre de la Justice : « En 1789, à cette place, on prenait la Bastille ; en 1830, on nous donnait la colonne de la Liberté ; aujourd'hui nous avons fondé la République. Voilà la gradation ».
Petit tour d'horizon
Date d'inauguration : 28 juillet 1840
Hauteur : 50 mètres
Nombre de marches : 240
Heures d'ouverture : samedi et dimanche, de 14 h 30 à 16 h 30
Tarif : De 6 à 13 €. Gratuit pour les moins de 7 ans (sur réservation, ici)
Adresse : Place de la Bastille (Paris Centre)
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