Ces lieux disparus qui font aussi l’histoire de Paris (4/4)
Série
Mise à jour le 01/04/2026
Sommaire
Certains monuments et lieux de la capitale ont disparu du paysage parisien, détruits, remplacés ou victimes de l’évolution des normes. Dans ce quatrième épisode, découvrez des lieux aussi fascinants que le cabaret L'Enfer, le studio des Buttes-Chaumont ou le Palais des machines.
Le studio des Buttes-Chaumont et les grandes heures de la télévision française
On y tournait les Cinq dernières minutes, La Télé des Inconnus, L'Ile aux enfants ou Ciel, mon mardi !… De 1956 à 1993,le studio des Buttes-Chaumont, immense bâtiment situé entre les rues des Alouettes et Carducci (19e), est l'un des centres névralgiques de la télévision française. 90 000 mètres carrés, entre quatre et dix studios d'enregistrements selon les époques, des salles de répétition, une tour de relais hertzien de 85 mètres, des loges d'artistes, une salle de montage et une ribambelles de métiers (menuisiers, costumières, techniciens…), voilà ce qu'on trouve dans ce lieu également connu sous le nom de Centre René-Barthélémy !
À son emplacement, dès 1897, Léon Gaumont avait fait construire la Cité Elgé, un atelier cinématographique qu'il vantait comme le plus grand studio du monde. Après la faillite de ces studios et un incendie dévastateur, c'est la Radiodiffusion-télévision française, à l'étroit rue Cognacq-Jay (7e), qui entame les travaux pour mettre le site à disposition de grands réalisateurs de fictions, puis d'émissions de variété. L'âge d'or des tournages dédiés au petit écran dure jusqu'aux années 1990, quand les productions déménagent progressivement à Bry-sur-Marne et à La Plaine-Saint-Denis.
En 1996, les bâtiments sont démolis pour construire des logements. Seule une petite voie piétonne baptisée « cours du Septième Art » rappelle son existence.
Le viaduc d'Auteuil et ses deux étages
Le viaduc d'Auteuil, conçu par l'architecte Albert Bassompierre-Sewrin, à qui l’on doit également le viaduc de l’avenue Daumesnil
Crédit photo :
Léon & Lévy / Roger-Viollet
Pêcheurs sur la rive du viaduc d'Auteuil, lors d'une crue de la Seine. Photographie d'Edith Gérin vers 1950.
Crédit photo :
Edith Gérin / BHVP / Roger-Viollet
Le viaduc d'Auteuil (16e)…
Crédit photo :
Léopold Mercier / Roger-Viollet
… remplacé en 1963 par le pont de Garigliano.
Crédit photo :
Henri Garat / Ville de Paris
Construit dans le cadre des grands travaux d'urbanisme haussmanniens, le viaduc d'Auteuil, appelé aussi pont du Point-du-Jour, a permis à la ligne du chemin de fer de la petite ceinture de franchir la Seine entre les quartiers d’Auteuil et de Grenelle entre 1867 et 1934. La gare du Point-du-Jour, qui était située entre le fleuve et l’avenue de Versailles (16e), était la première gare aérienne à Paris ! Long d’environ 175 mètres et composé de nombreuses arches en pierre ornées du « N » de Napoléon, le viaduc portait les trains de fret sur sa partie supérieure, tandis que la circulation hippomobile et piétonne passait en dessous.
Avec le déclin du trafic voyageurs sur la petite ceinture, l’ouvrage perd progressivement son utilité. D'abord détérioré en 1871 par la répression de la Commune, il subit une nouvelle avarie le 15 septembre 1943, quand il est touché par le bombardement anglo-américain visant les usines Renault et Citroën - il résiste néanmoins au choc ! En 1963, il est détruit et remplacé par le pont du Garigliano, mieux adapté à la circulation automobile croissante.
Les portes du Ciel et de l'Enfer à Montmartre
Paris (9e arr.). Les cabarets « Le Ciel » et « L'Enfer », boulevard de Clichy.
Crédit photo :
Neurdein / Roger-Viollet
L'intérieur du cabaret Le Ciel, au 53, boulevard de Clichy. 1904.
Crédit photo :
Roger-Viollet / Roger-Viollet
La décoration intérieure du cabaret L'Enfer,
Crédit photo :
Roger-Viollet / Roger-Viollet
À la Belle Époque, Montmartre était le royaume des cabarets extravagants. Parmi les plus célèbres, Le Ciel et L’Enfer, deux établissements voisins du 53, boulevard de Clichy (18e), détenus par le même Antonin Alexander, proposaient aux noctambules un voyage symbolique entre paradis et damnation. Pour pénétrer L’Enfer, les visiteurs passaient par la bouche d’un démon géant. Ils étaient accueillis par des croque-morts dans un décor de flammes, de grottes et de chaudrons bouillonnants.
Juste à côté, le cabaret du Ciel, surnommé Le Paradis, offrait l’exact opposé : une fois sa façade médiévale franchie, on se retrouvait nez à nez avec des anges, des nuages, des chants célestes et, bien sûr, du vin béni servi dans des calices ! Ce sont en quelque sorte les tout premiers restaurants à thème du monde.
En 1950, les deux cabarets faisant face à des difficultés financières, ils sont rachetés par le Monoprix voisin.
L'ancienne gare Montparnasse (et son spectaculaire accident)
La locomotive à vapeur suspendue à la façade de la gare, le 22 octobre 1895. Photographie d'Hippolyte Blancard.
Crédit photo :
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris
L'ancienne gare Montparnasse, vers 1950.
Crédit photo :
Léon & Lévy / Roger-Viollet
La gare Montparnasse d'aujourd'hui.
Crédit photo :
Joséphine Brueder / Ville de Paris
Il existe bien encore aujourd'hui une gare Montparnasse, inaugurée en mars 1969, mais elle ne se situe pas tout à fait au même endroit que ses deux précédentes versions. La première gare, c'est celle mise en service en 1840 pour relier Paris à Versailles. Dotée de deux voies, elle est l'œuvre de l’architecte Louis Visconti et dispose d'une halle métallique de 50 mètres de long. Son entrée se situait à l’emplacement actuellement dénommé place Raoul-Dautry, alors sur la commune de Vaugirard.
Après la révolution de 1848, le gouvernement lance les travaux d'une « gare des chemins de fer de l'Ouest », à l'emplacement de l'actuelle tour Montparnasse. Une image reste gravée dans la mémoire de tous les Parisiens : celle du train de Granville arrivant à trop vive allure, incapable de s'arrêter, qui traverse son hall, défonce sa façade et tombe dans la rue, plusieurs mètres plus bas !
Cette gare au style néo-classique évolue au fil des décennies et de sa fréquentation grandissante. Vieillissante et mal adaptée aux nouveaux trains modernes et au flux de voyageurs, elle est démolie dans le cadre de la vaste opération de rénovation urbaine de Maine-Montparnasse. La nouvelle gare, ultra moderne, voit aujourd'hui passer plus de 65 millions de passagers par an !
Le Palais des machines du Champ-de-Mars
La Galerie des Machines de l'Exposition universelle de 1889, utilisée de 1892 à 1909 comme vélodrome d'hiver, puis démolie.
Crédit photo :
Roger-Viollet / Roger-Viollet
Le Palais des machines et ses 34 700 mètres carrés de vitrage.
Crédit photo :
Neurdein frères / Roger-Viollet
Intérieur de la Galerie des machines en 1889. Photographie d'Hyppolyte Blancard.
Crédit photo :
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris
Le Palais des machines a occupé toute la largeur au fond du Champ-de-Mars (7e), devant l'École militaire, de 1889 à 1911. Impressionnante, la construction métallique faisait 77 000 mètres carrés avec 34 700 mètres carrés de vitrage ! Construit pour l'Exposition universelle de 1889, le Palais des machines pesait plus lourd que la tour Eiffel et fascinait les visiteurs par son gigantisme, son audace architecturale et son décor fastueux.
En 1889, on y trouve les plus grandes inventions des domaines industriel et technique : machines à fabriquer du papier, à imprimer, à produire de la glace, à distiller les alcools, à fabrique du pain, toutes en action ! La galerie est censée disparaître à la fin de l'événement, mais la Chambre des députés vote sa conservation, notamment pour y organiser des banquets, des compétitions hippiques ou le concours général agricole. Elle sert de nouveau pour l'Exposition universelle de 1900, où on présente le Hall de l'Agriculture. Plus tard, elle accueille des compétitions cyclistes comme premier vélodrome d'hiver, des activités militaires et le spectacle du cirque Barnum and Bailey Greatest show on earth en 1902 !
Le Palais des machines est détruit en 1909 pour élargir la perspective du Champ-de-Mars.
Ne manquez rien de l’actu parisienne avec notre newsletter
Default Confirmation Text
Settings Text Html
Settings Text Html
Votre avis nous intéresse !
Ces informations vous ont-elles été utiles ?
Attention : nous ne pouvons pas vous répondre par ce biais (n'incluez pas d'information personnelle).
Si vous avez une question, souhaitez un suivi ou avez besoin d'assistance : contactez la Ville ici.