Quand Rome inspire le patrimoine parisien

Le saviez-vous ?

Mise à jour le 20/01/2026

Des touristes devant le caroussel du Louvre.
Paris et Rome, qui fêtent le 70e anniversaire de leur jumelage cette année, sont séparées de plus de 1 400 kilomètres. Et pourtant, les deux capitales ont beaucoup en commun. La preuve avec ces monuments de la Ville Lumière inspirés par la Ville Éternelle.
De Paris à Rome
En 2026, on fête les 70 ans du jumelage entre Paris et Rome. Et pour vivre la dolce vita sans quitter la capitale, une foule d’expos, de spectacles, de concerts… est programmée. Plus d’infos ici !

Le Panthéon, héritier moderne de son modèle romain

Au cœur du Quartier latin, place du Panthéon (5e), le Panthéon est depuis la Révolution française un monument funéraire en l’honneur des illustres personnages de l’histoire contemporaine. Son dôme règne sur Paris comme un clin d’œil assumé à Rome. D’abord parce qu’en 1755, Jacques-Germain Soufflot, son architecte, rêve grand : il s’inspire du Panthéon de Rome, temple des dieux bâti au Ier siècle av. J.-C.
S’il reprend l’idée d’une vaste coupole, visible de loin, le dôme de l’édifice parisien est triple (trois structures imbriquées), une prouesse technique du XVIIIe siècle. À l’intérieur, la partie centrale semble suspendue, portée par une armée de colonnes.

L’arc de triomphe du Carrousel, inspiré de l’arc de Constantin

Entre le Louvre et le jardin des Tuileries (Paris Centre), dont il sert d’entrée d’honneur, l’arc de triomphe du Carrousel, construit entre 1806 et 1808, s’inspire directement de l’arc de Constantin à Rome, datant quant à lui de l’an 315 et situé entre le Colisée et le Palatin. L’arc romain mesure 21 mètres de haut pour 26 mètres de large ; celui de Paris est une copie à échelle 3/4. Même composition à trois baies, même ordre corinthien, même vocabulaire sculpté célébrant la victoire.
C’est Napoléon Ier qui en passe commande, avec l’idée de faire de Paris une nouvelle Rome, et son arc en est le manifeste. Les reliefs racontent les campagnes victorieuses, Ulm en tête, mais aussi Austerlitz ou Vienne, tandis qu’au sommet trône un char antique triomphal.

La colonne Vendôme, sur le modèle de la colonne Trajane

Érigée entre 1806 et 1810 sur ordre de Napoléon Ier, la colonne Vendôme célèbre la victoire de la bataille d’Austerlitz (1805). Elle est inspirée de la colonne Trajane à Rome, construite en l’an 107 et située sur le forum de Trajan. Celle-ci commémore le triomphe de l’empereur Trajan sur les Daces.
La colonne parisienne adopte le même principe narratif : un bas-relief en spirale (280 mètres de frise !) qui raconte, presque comme une bande dessinée, la campagne de 1805 – scènes de bataille, soldats, canons et trophées. Elle est bien sûr surplombée d’une statue de l’empereur coiffé d’une couronne de laurier. Détail symbolique : la colonne Vendôme est fondue avec le bronze d’environ 1 200 canons pris à l’ennemi.

La sibylle des Buttes-Chaumont et celle de Tivoli, une filiation assumée

Construit entre 1866 et 1869 par l’architecte Gabriel Davioud, le kiosque, qui a la forme d’un petit temple, surplombe l’île du Belvédère, à 30 mètres au-dessus du lac artificiel du parc des Buttes-Chaumont (19e). Il a été conçu pour imiter le temple de Vesta, la déesse protectrice du foyer, à Tivoli : forme circulaire, colonnes corinthiennes, proportions classiques. Des mascarons de lions habillent sa coiffe. Le temple de Rome date du Ier siècle av. J.-C.

La Louve capitoline, symbole du jumelage Paris-Rome

En 1959, Rome a donné le nom de « Via Parigi » à une rue nouvellement créée du quartier Castro Pretorio. Y figurent également une plaque commémorative et une colonne antique surmontée d’une nef en bronze, symbole de la ville de Paris. Réciproquement, dans la métropole française, l’emblème de Rome, une louve en bronze, réplique de celle qui loge dans les musées du Capitole, a été installée en 1962 en plein Quartier latin, dans le square Samuel-Paty (5e), en face du musée de Cluny. Cette louve allaitant les jumeaux mythiques Romulus et Rémus évoque la fondation de la capitale italienne.
Et le tombeau de Napoléon aux Invalides ?
En avril 1841, un concours national est lancé pour concevoir un tombeau digne de l’empereur. C’est le projet de Louis Visconti, architecte né à Rome en 1791 qui est retenu. Sens du monumental, des proportions, du marbre, de la référence antique… sont l’héritage direct de son origine romaine. Il fait notamment creuser, sous le dôme, une profonde crypte circulaire destinée à contenir le sarcophage. Ce choix transforme l’église en un mausolée impérial.

Visconti est également le concepteur de la fontaine Saint-Sulpice (6e), de la fontaine Molière de la rue Richelieu (Paris Centre) et de la fontaine de la place Gaillon (Paris Centre) ou encore de la caserne des Célestins (Paris Centre).
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