3 marathoniens se confient après l’épreuve de Paris
Interview
Mise à jour le 14/04/2026
Sommaire
Le 12 avril, parmi les 58 853 sportifs au départ du Marathon de Paris, Alice, William et Christophe ont relevé le défi. Quelques jours après la course, ils reviennent avec nous sur leur expérience, entre effort, émotions et souvenirs marquants.
Alice, 39 ans
« Mes proches m’ont grandement aidée à réussir ma course »
« Je suis super fière de moi. Mon
objectif était de finir en moins de quatre heures et j’en suis finalement
loin : j’ai fait un chrono de 3 h 52, soit dix minutes de plus que
mon père – qui avait fait le Marathon de Paris en 3 h 43 –, mais en ne
courant que depuis un an et demi…
Durant la première moitié du
parcours, j’ai réussi à bien gérer mon allure. Puis, c’est devenu de plus en
plus long. J’avais peur de me prendre le fameux "mur des 30 km", dont on entend si souvent parler. D’autant plus que je
n’avais jamais couru plus de 30 km à l’entraînement. Au final, la
dernière partie du marathon était effectivement plus éprouvante… Malgré tout, grâce au
mental, je suis parvenue à terminer !
C’était une expérience géniale de courir dans Paris, le décor était superbe.
39 ans
Mes proches m’ont grandement aidée à
tenir, ils étaient comme des étapes sur mon parcours. Je ne me disais pas "je cours 42 km", mais plutôt "mon premier objectif,
c’est le 7e km où j’ai une amie qui me retrouve
rue de Rivoli, puis le 15e km, où je vais croiser mes parents dans le bois de
Vincennes, etc.". Cela m’a particulièrement boostée sur la fin.
C’était une expérience géniale de courir dans Paris, le décor était superbe. Mais cela n’enlève rien à la difficulté du parcours (rires). Le tunnel du pont de l’Alma (8e), par exemple, est assez douloureux pour les jambes. Je retiens aussi la montée de la Muette (16e), à la sortie du bois de Boulogne (16e). Il y avait beaucoup de monde et le passage était étroit. Je me suis vraiment forcée à ne pas marcher, car je savais que, sinon, je ne serais jamais repartie.
Avant de refaire un marathon, je veux continuer à me perfectionner, à participer à des semis et des 10 km, afin d’avoir une base solide, et viser un meilleur temps, proche des 3 h 40. »
William, 41 ans
« Malgré les jambes lourdes, j’ai la fierté d’avoir terminé la course »
« Vingt-quatre heures après
l’épreuve, si j’ai les jambes lourdes, et le dos aussi, je suis content de mon
chrono. J’ai la fierté d’avoir terminé le marathon en 4 h 49, en améliorant
de 1 h 7 ma performance de 2012 ! Je visais la barre des quatre
heures, mais ma douleur sur le côté droit est revenue au 10e km, puis j’ai eu une contracture après le 15e km. Après le 21e km, j’ai dû réduire le rythme : mes jambes
commençaient à être très lourdes. J’ai perdu trente minutes sur la seconde
moitié de la course.
Le public a été au top, cela donnait des ailes pour avancer.
41 ans
L’ambiance était incroyable. J’ai
croisé un coureur costumé façon Village People. Il a réalisé toute l’épreuve
attachée à un autre participant lui aussi déguisé. J’ai même doublé le lapin de
la RATP ! Le public a été au top, cela donnait des ailes pour avancer. Et
puis, il y avait de la solidarité entre les coureurs.
Finalement, j’ai beaucoup moins souffert sur cette édition
qu’en 2012. Maintenant, je m’attaque au Marathon d’Athènes, en novembre
prochain. Le parcours s’annonce plus compliqué que celui de Paris, avec de longs
passages en pente. »
Christophe, 45 ans
« C’est le marathon du partage, de l’amitié, de l’amour »
« J’ai bouclé mon 8e Marathon de Paris et je me dis déjà : vivement l’année
prochaine ! Chaque fois, je trouve que l’ambiance monte d’un cran. Quelle
expérience exceptionnelle lors des deux derniers kilomètres : je fendais la
foule sous les encouragements !
Cette première édition sans plastique n’a pas été facile, car j’ai l’habitude des bouteilles jetables et je n’aime pas courir avec un gilet d’hydratation. Heureusement, j’ai pu compter sur des amis qui m’ont apporté de l’eau à la mi-parcours.
Le marathon, c’est le partage de tellement de choses !
45 ans
J’ai passé la ligne d’arrivée à deux
reprises, d’abord pour ma course, puis je suis retourné attendre mes deux amies
américaines qui avaient fait le déplacement pour l’occasion. J’en ai profité pour observer les coureurs, je les encourageais et je sentais leur souffrance, leur émotion. On voit des parents franchir la ligne avec un enfant, des couples se surpasser, des collègues se retrouver : le marathon, c’est le partage de tellement de choses !
Côté sport, je termine en 4 h 20, en alternant la course et la marche sur les derniers kilomètres. Mon objectif était de ne pas me cramer, car je remets le couvert dans trois semaines avec le Marathon de Prague ! En octobre, j’irai faire un autre marathon à Amsterdam. J’adore faire du marathon-tourisme, même s’il n’y a rien de plus beau que Paris pour courir…
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